« Quand je serai grand, je serai… »

Danseuse de ballet classique au Bolchoï !

Voilà comment d’une pitrerie qu’un physique ingrat de yéti vieillissant ironise un peu plus, je pourrais me tirer de ce défi de rentrée.

Mais notre Philippe mérite un peu mieux, lui qui monte le Golgotha rédactionnel portant le Pli sur ses épaules meurtries de plaidoiries, et qui de station en station, se demande pourquoi son Dieu de Bâtonnier lui a imposé un tel calvaire.

Il sait le funeste destin, où l’a précédé le Saint-Jean-Baptiste E. Bernis, lui qui y perdit ses cheveux et sa santé mentale, lui, dont l’épouse est réveillée chaque nuit par ses cris d’épouvante «  Non, pas le pli, pas le pli… » Même les meilleurs whiskys n’arrivent plus à taire ses terreurs céliniennes, et la Faculté (Celle du carabin-dépeceur JP Beauthier) a recommandé la morphine à doses gargantuesques et répétées.

Poser une telle question à un nietzschéen comme moi, c’est un peu comme demander au Grand Orient de parler de la foi du Pape, à J.M. Mattelart d’être silencieux, à P.E. Cornil de jouer son épargne à Las Vegas (1), à mes stagiaires de vanter la virginité pré-matrimoniale : l’incongruité est totale !

Dissertons ! « Quand » amène la question du temps, de sa nature, de son existence. Est-il linéaire comme Hegel, le dit ou cyclique comme chez les grecs et Nietzsche, fragmenté à la Héraclite ou continu à la Parménide ? Et le « Je » ; qui est « je » ? Faut-il y voir une illusion comme pense mon ami Ph.Vidaich, ou le centre du Monde ? Le « je », est-il nécessairement historique ? Puis-je être « je » sans « nous » et sans l’histoire ? Freud, avait-il raison contre Lacan ?  Le futur, fait-il alors partie de mon histoire ? Mon rêve de futur, a-t-il une action sur mon présent qui serait ici mon passé ? L’ordre des causalités, n’a-t-il qu’un sens ? « Grand » veut dire quoi ? « Parle-t-on de mètres ou de centimètres ? », comme répondait notre rédacteur en chef Ph. Balleux à une question relative à son anatomie ? « Grand », évoque-t-il la Gloire et la Puissance réservées au Dieu du Livre ? Serait-ce alors un crime, pire un blasphème, que d’accepter d’être grand ? A-t-on d’ailleurs le choix de « grandir » ?  Ai-je un choix ? Quid du destin, des vies toujours trop courtes, des destins brisés ? Puis-je agir par le rêve sur le monde qui m’est donné ? Mon rêve, a-t-il la moindre vérité ? Où est ma liberté ? La liberté, existe-t-elle ?? Le monde, a-t-il une réalité ???

Voilà le piège tendu par le Balleux lubrique et facétieux. En réalité, cette âme cruelle se rit de nous, de moi, par un exercice, où nécessairement la raison se perdra. Voilà comment ce fourbe tente odieusement de décimer le conseil de l’ordre, et en bon agent qu’il est des services secrets de la Corée du Nord. Ce disciple du NKVD, apôtre de la Stasie, sicaire du Kominterm s’attaque de la pire manière au cœur même du Barreau de Charleroi ! Ah le traître, le Mélenchon mauvais, l’ignoble petit suppôt du stalinisme historique ! Son supplice chinois est pire que les photos de DSK nu, pire qu’une plaidoirie de M. Chardon (qui fût d’une jeunesse roborative, lors de la dernière AG), pire qu’un contrôle de compte tiers par A. Fiasse. Je pense avec pitié aux solitudes interrogatives du fils marinier J. Cowez, à la perplexité thérapeutique de l’aimable M. Gilain, et entends l’Alex crier : « Qu’est qu’il fait ch… ce con, ferait mieux de venir manger avec nous ! » V. Luise s’est mise à la mécanique et écrit son nom avec un gros accent, peur d’être reconnue. B. Parmentier s’est décidé, il sera meneur de revues légères, dès le mois prochain. P. Huet se fait appeler Jean-Philippe et nie farouchement être au Conseil de l’Ordre. JP Dallons, qui sortait péniblement d’un sevrage salvateur, retourne à ses démons, non sans avoir hurlé : « Il est pété, m n’hom ! » V. Delforge, à la réserve proverbiale, pense le dénoncer à son juge d’épouse, dès fois qu’un petit 488 bis viendrait régler le problème, et on entendit le Bâtonnier, rongé par le doute et déjà le remord, dire : « J’ai pour le nuisible et  n’ai besoin que d’une balle ; est-ce mal ??? » Quant au Vice-Bât… il s’est retiré chez les moines et accepte gaiment de ne plus boire que de la bière tiède ; que ses frères l’appellent « Père », le fait sourire, tant il est délivré du supplice. En cela, il rejoint la solution Anne Sy dB et E. Attout qui viennent d’entrer au Carmen, l’une rassurant l’autre par un : « M’en fout, il y a de gros cierges ! » Et que dire du départ précipité à la Légion de nos amis F. Féron et J-Cl Derzelle, heureux de ne plus devoir penser. On entendit l’un expliquer à l’autre : « Tu verras, une chèvre pour trente, c’est assez, et si elle a la migraine, on la bouffe ! »

Voilà ton œuvre, Balleux ! Que la honte soit sur toi !
Ah l’infâme, l’innommable incube, le taliban intellectuel,  le monstrueux petit pervers sadique ; je vois maintenant sa vrai nature ; elle est à faire frémir tous les Torquemada, tressaillir de jalousie tous les bons docteurs Mengele, terrifier tous les Sade  de la Terre et de son Histoire !

Il convenait de le dénoncer : au bûcher, le vilain sorcier ! Qu’on lui administre le saint lavement au vinaigre béni ! Qu’on lui tenaille les extrémités avant de le rôtir au bois vert, et que ses cendres soient dispersées chez les boerentalig !
  
« Quand je serai grand… », je voudrais être un enfant libre et joyeux, affranchi de mes peurs et de mes doutes, les pieds au sol et le regard à l’infini. Souriant au Monde… alors je serai !

 

Yves DEMANET
Avocat

 

(1) Je tiens ici à mettre fin à une odieuse rumeur : non, Pierre E. CORNIL ne retourne pas ses préservatifs par souci d’économie, il les lave tout simplement!